« Une lettre ouverte est un texte qui, bien qu'adressé à une ou plusieurs personnes en particulier, est exhibé publiquement afin d'être lu par un plus large groupe. Pour ce faire, c'est le plus souvent la presse qui est utilisée comme média, mais une lettre ouverte peut également prendre la forme d'une publication à part entière, d'une affiche, d'une chanson, d'un tract, ou plus récemment être mise en ligne sur Internet, etc. Même si ce n'est pas nécessairement le cas, une copie de ce texte peut parallèlement être expédiée en privé par le système postal, à l'instar d'un courrier habituel. (…) »
Chaque lettre ouverte est le résultat d'une correspondance initiée entre deux personnes rencontrées dans le quartier du Blosne. Le mode de publication choisi est celui de l'affichage libre, conditionné par les panneaux d'affichage associatif, le recyclage d'une table de ping-pong et d'un vieux mur orphelin, et la création d'un « libre panneau d'affichage libre ».
Ma proposition fut au départ d'offrir ce support pour l'expression de colères, d'humeurs ou d'interrogations critiques, quel que soit le sujet. Ainsi, les lettres ouvertes ont été utilisées dans des buts variés. Certaines rencontres avec des musiciens ont abouti à l'usage des paroles de leurs chansons comme support textuel de leurs correspondances pour faire connaître leur création. D'autres exploitent le caractère engagé de la lettre ouverte pour interpeller les politiques sur des problématiques de société. Quant à moi, je décide de rendre publique ma correspondance avec les services de l'administration au sujet des « libres panneaux d'affichage libre ».
Cette deuxième proposition émergente fait suite au constat d'un manque cruel de panneau d'affichage libre dans les enceintes du quartier, notamment sur les lieux de promenade. Les panneaux d'affichage associatif sont épars, disposés aux abords des carrefours routiers, et surtout, ils sont recouverts systématiquement par des annonceurs publicitaires culturels. J'ai donc entrepris d'installer un premier « libre panneau d'affichage libre » pour y afficher les lettres ouvertes et interpeller l'administration sur cette question.
Ce projet participe au cycle des « correspondances citoyennes » initié par l’association L’âge de la tortue. Dans ce cadre, une vingtaine d’artistes sont invités entre 2007 et 2009 pour réaliser plusieurs correspondances entre différents acteurs (habitants, institutions, élus, commerçants, etc.) du quartier du Blosne de la ville de Rennes. Le cabinet des correspondances citoyennes, imaginé et construit par l'artiste Mathieu Tremblin, regroupe l’ensemble de ces travaux.
Romain Louvel 2009
« An open letter is a text to one or several people but exhibited n a public way to be read by everybody. So, it is often press which is used as media, but an open letter can also take form as a publication, a poster, a song, a leaflet, or more recently published on the internet, etc. Even is not necessarily the case, a copy of this text can be sent at the same time by post, as a usual mail. (…) »
Each open letter is the result of a correspondence between two persons met in the Blosne neighborhood. Here, the method of publication is the bill-posting on special panels for the community, public infrastructure, old walls, and special wood panels created for this occasion called « free panel for free bill-posting ».
At first, I proposed to offer this support to express anger, mood or critical question, whatever the topic. Then, open letters were used in various aims. Some meetings with musicians have led to use their lyrics songs as a text for an open letter in order to publicize their creation. Others exploit the protesting opportunity of the open letter to ask politicians and leaders about society's stakes. As for me, I decide to make public my discussion with the administration about the « free panel for free bill-posting ».
This second proposition follows an observation about the lake of free billboard panels inside the neighborhood, especially on stroll areas. The billboards are scattered, established close to road junctions, all the time and systematically covered by cultural publicity. So, I install a first « free panel for free bill-posting » to post up the open letters and ask administration about this question.
This action is part of « correspondances citoyennes » product by L’âge de la tortue. In this frame, twenty artists were invited between 2007 and 2009 to create correspondences between different actors (inhabitants, institutions, elected officials, traders, etc.) from the Blones neighborhood of Rennes. The cabinet of correspondences citizens, by visual artist Mathieu Tremblin, gathers all productions.
Romain Louvel 2009